Logement à Yverdon : la stratégie de la Municipalité alimente la pénurie

On promet des logements “abordables”, mais on choisit des projets trop lents et trop lourds. Pendant qu’on attend, la pénurie grandit — et les Yverdonnois paient.

Samedi matin, au marché d’Yverdon, je tombe sur un slogan du Parti socialiste yverdonnois : « Des loyers qui ne ruinent pas ! »
J’ai dû relire deux fois. Parce que voir le PS se présenter comme le défenseur des loyers abordables à Yverdon-les-Bains… c’est tout de même assez savoureux.

Car la réalité, c’est que la politique menée par la Municipalité rose-verte-rouge ne réduit pas la pression sur le logement : elle l’alimente. Depuis des années, elle mise presque tout sur le projet Gare-Lac et sur l’idée que la Ville devrait construire elle-même des logements sur ses terrains. Sur le papier, cela semble généreux. Sur le terrain, c’est une stratégie lente, coûteuse et pleine d’angles morts.

Premier problème : le prix — et le temps.
Déplacer des services communaux pour libérer du foncier va coûter très cher, prendra des années, et générera des nuisances importantes, notamment pour les habitants des Moulins. Et surtout, soyons honnêtes : les logements promis n’arriveront pas demain. Même dans le scénario optimiste, on parle d’un horizon de 20 ans. Or la demande explose déjà aujourd’hui. Avec la pression démographique et migratoire de ces dernières années, la rareté s’accentue, et les loyers montent. On le voit déjà. Attendre deux décennies, c’est laisser le marché s’enflammer.

Deuxième problème : la Commune se rêve promoteur.
Ce n’est pas son rôle. Et surtout, elle n’a pas démontré qu’elle en avait les compétences. Quand une commune se transforme en promoteur immobilier, elle prend des risques, elle ralentit les procédures, elle alourdit la bureaucratie. Et ce ralentissement, au final, se traduit par une seule chose : moins d’offre, donc des loyers plus chers.

Alors la vraie question est simple : où construire rapidement des logements nouveaux, en quantité suffisante, pour détendre le marché ?
Le projet Gare-Lac, s’il se fait, ne se fera pas avant 20 à 30 ans. Le projet Coteau-Est est abandonné. La Municipalité peut-elle nous dire où elle compte développer du logement rapidement ? 

À mon sens, il ne reste pratiquement qu’une option crédible à court terme : la grande parcelle agricole entre Pierre-de-Savoie et le quartier des Isles. Ce projet porté par l’ancien syndic de la ville pourrait être une solution aux problèmes de logement des yverdonnois. 

Ce projet fait du sens. Le site est idéal : proche de la sortie d’autoroute et de la route de contournement, à côté du centre sportif des Isles, à deux pas d’Y-Parc. On pourrait y créer un quartier de qualité, bien pensé, avec des logements en nombre, et une mixité intelligente — y compris en attirant des contribuables qui renforcent les finances de la ville.

Pour avancer, il ne manque pas d’études. Il ne manque pas de slogans. Il manque la volonté politique.En restant campée sur une approche idéologique et sur des projets à horizon lointain, la Municipalité aggrave la pression sur les loyers et pénalise les Yverdonnois. Si le PS veut vraiment des loyers “qui ne ruinent pas”, qu’il commence par soutenir une politique du logement rapide, réaliste et efficace. Il est temps de mettre un coup d’accélérateur pour les yverdonnois.

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