La com’ ne remplace pas un bilan : Yverdon mérite la vérité

Un déficit ne devient pas un succès avec un slogan. Une ville sous tension ne redevient pas sûre avec une photo. Les habitants ne demandent pas d’être séduits : ils demandent des résultats et de la transparence.

À Yverdon, il suffit d’ouvrir sa boîte aux lettres, son téléphone ou les réseaux sociaux de la Ville pour le comprendre : la Municipalité passe plus de temps à communiquer qu’à gouverner. Flyers, magazines léchés, newsletters, affiches, slogans, “capsules d’information”… Tout est propre, tout est beau, tout est calibré. On croirait presque que tout va bien.

Mais derrière cette vitrine brillante, la réalité est têtue : rues sales, sécurité en baisse, commerces qui ferment, impôts qui montent, dépenses qui explosent. Plus la ville va mal, plus la Municipalité communique. C’est devenu une règle non dite : quand les résultats manquent, on augmente le volume.

On nous parle d’ambitions, de vision, de climat, de participation, de cohésion, de vivre-ensemble. Très bien. Mais on parle beaucoup moins des sujets qui fâchent : insécurité record, déficits à répétition, création de postes en cascade, erreurs d’urbanisme, embouteillages fabriqués, politique sociale qui patine, projets hors de prix. La communication municipale ressemble à un magasin bien éclairé… devant une arrière-boutique en difficulté.

Et tout cela n’est pas gratuit. Cette machine à image est financée par les contribuables. On paye pour des campagnes, des brochures luxueuses, des graphismes “tendance”, des postures de communication et des slogans dignes d’une agence marketing. À force, une question s’impose : la Municipalité travaille-t-elle pour les citoyens… ou pour sa propre réputation ?

Le problème, c’est aussi le ton : une communication unilatérale, verrouillée, où l’on met en avant ce qui arrange, où l’on célèbre des symboles, où l’on évite soigneusement le bilan honnête. Jamais une remise en question. Jamais un “nous nous sommes trompés”. Jamais un vrai débat sur les échecs. À la place, on occupe l’espace, on saturе, on répète, on maquille.

Les citoyens ne demandent pas des slogans. Ils demandent la vérité. Un déficit ne devient pas un succès parce qu’on l’appelle “transition”. Une ville sous tension ne devient pas sûre avec une photo. Un projet raté ne devient pas intelligent avec des mots creux. Les Yverdonnois ne méritent pas d’être séduits : ils méritent d’être respectés.

Il est temps de troquer la propagande pour la clarté. De remplacer la com’ par du courage.

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