4,8 millions pour les études, près de 39 millions annoncés pour le projet : à ce niveau, le moindre dépassement se répercute sur les impôts et sur les priorités (écoles, routes, sécurité). Yverdon ne peut pas signer un chèque en blanc.
Dans le grand chantier Gare–Lac, on nous propose aussi de regrouper, aux Isles, des services de la Ville et le dépôt de CarPostal sur un même site. Présenté comme une solution “moderne” et “rationnelle”, ce déplacement cache surtout un choix politique coûteux et risqué.
D’abord, l’échelle financière interroge : on parle d’un projet proche de 39 millions de francs, alors qu’on nous demande déjà près de 4,8 millions rien que pour les études. À ce stade, beaucoup de points restent ouverts, et l’expérience montre que ce type d’opération finit souvent par coûter plus cher que prévu. Chaque dépassement se paie cash : par nos impôts et par des renoncements ailleurs (entretien des routes, écoles, sécurité, équipements de quartier). Ajoutons les incertitudes administratives et foncières : elles peuvent allonger le calendrier et gonfler la facture.
Ensuite, le fonctionnement quotidien est loin d’être évident. Mettre sur une parcelle limitée des activités très différentes, dont une flotte de bus et des véhicules lourds, crée des contraintes logistiques permanentes : manœuvres, accès, flux, sécurité, horaires étendus. On nous promet des “mesures”, mais aucune étude ne peut garantir l’absence d’impact sur la qualité de vie.
Car ce projet ne vit pas dans un tableau Excel : il a un prix humain. Les quartiers de la Rue des Moulins et de Graveline risquent de subir davantage de trafic, de bruit et de pollution, avec une pression accrue sur des axes déjà sensibles. Et pendant qu’on finance des bâtiments et des plateformes logistiques, on repousse les besoins simples et urgents de la population.En clair : Gare–Lac ne doit pas devenir un chèque en blanc. Ce projet est un aspirateur à fric de la population et il est dangereux pour les finances de notre ville. Il doit être abandonné maintenant, et nous nous y engageons.

