Des slogans, pas d’arbres

Abattages contestés, plantations trop lentes, fraîcheur qui recule : la vraie écologie, c’est protéger et planter des arbres utiles, en nombre, au bon endroit. Pas remplacer l’ombre par des gadgets décoratifs.

À entendre la Municipalité, Yverdon serait un modèle écologique : “ville verte”, “engagée”, “visionnaire”. On nous parle de transition, de durabilité, de climat, de biodiversité. Mais quand on regarde la réalité, la seule transition vraiment visible, c’est celle vers davantage de contraintes, une circulation plus bloquée… et trop souvent moins d’arbres là où il en faudrait.

Pendant que les habitants paient plus cher l’électricité, les déplacements et, au final, la facture publique, la Municipalité investit dans des projets surtout symboliques, bons pour la communication, beaucoup moins pour le climat. L’écologie devient une vitrine : on annonce, on affiche, on se félicite… mais sur le terrain, les quartiers continuent de suffoquer l’été, l’ombre manque, les espaces verts reculent avec la densification, et le béton gagne.

On parle de nature, mais on coupe ou on oublie de planter. Des abattages d’arbres matures, parfois très contestés par les riverains, font régulièrement polémique : près de la station d’épuration, à la Rue des Moulins, et ailleurs. Les habitants voient disparaître des arbres qui donnaient de l’ombre et de la fraîcheur, pendant qu’on leur propose des aménagements “artistiques” ou décoratifs. La vraie écologie, c’est planter et protéger des arbres utiles, au bon endroit, en nombre, rapidement. Pas multiplier les objets d’image et les maquettes séduisantes.

Et que dire de la mobilité ? Une politique écologique devrait réduire le CO₂ et la pollution, pas allonger les trajets. Or entre fermetures mal comprises, zones 20 km/h imposées sans logique claire, suppressions de voies, plans de circulation confus et pistes cyclables parfois dangereuses, on obtient souvent l’inverse : plus de bouchons, plus de moteurs au ralenti, plus de stress… donc plus d’émissions. Puis on nous explique que “les comportements évoluent”. Non : on a surtout créé du chaos.

Enfin, l’écologie punitive casse l’adhésion. À force d’imposer, de taxer, de compliquer la vie des travailleurs et de mépriser le terrain, on ne construit pas une ville plus verte : on construit une ville en colère. Yverdon mérite mieux qu’une écologie de slogans. Elle mérite une écologie de résultats. Yverdon mérite une écologie efficace, populaire, concrète — pas une écologie bureaucratique et punitive.

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