Entre coût annoncé, financement incertain et baisse du stationnement, la requalification ne convainc pas. Les riverains demandent une approche pragmatique : revêtement, trottoirs, éclairage, sécurité — et réseaux si nécessaire.
La Municipale Brenda Tuosto présente la requalification de la Rue des Moulins comme un projet phare de la législature de gauche : « redonner de la place à la nature », favoriser la mobilité douce, repenser l’espace public. Sur le papier, c’est séduisant. Sur le terrain, c’est un projet coûteux, conflictuel et peu aligné avec les besoins des riverains.
Le Conseil communal a déjà accordé 750’000 francs pour les études. Et le chantier complet est estimé à près de 9 millions. Or, la Confédération aurait refusé la subvention espérée, ce qui rend l’addition encore plus lourde pour la Ville. Tout cela pour transformer une rue qui fonctionne, alors que l’essentiel est ailleurs : une réfection de base.
Le projet prévoit une zone 30, une chaussée redessinée, une large piste mixte piétons-vélos (4,5 m), et de nouveaux aménagements. Conséquence directe : une forte baisse du stationnement (environ 95 places aujourd’hui contre une trentaine demain) et des contraintes supplémentaires pour les habitants, les visiteurs et les commerces.
Comme beaucoup, j’ai fait opposition. Et je ne suis pas un cas isolé : une dizaine d’oppositions ont été déposées, signe d’un malaise réel. La Municipalité affirme avoir consulté le quartier ; pourtant, de nombreux riverains disent n’avoir jamais été contactés directement. Les échanges ont surtout transité par l’association « Rue des Moulins », que plusieurs habitants décrivent comme une enseigne/relai du Parti socialiste et composée aussi de nombreuses personnes qui n’habitent pas la rue — ce qui ne peut pas remplacer une consultation directe des premiers concernés.
Les habitants demandent une chose simple : garder la rue telle qu’elle est, corriger les points noirs (revêtement, trottoirs, éclairage, sécurité) et renouveler les réseaux si nécessaire. On peut améliorer la qualité de vie sans tout bouleverser. La priorité, c’est l’entretien, pas une transformation à plusieurs millions.
