Subventions culturelles : qui décide, qui contrôle, qui profite ?

À Yverdon, la politique culturelle donne l’impression d’un système fermé : peu de remise en question, peu d’exigences, et une culture populaire reléguée. Il faut des critères publics, un audit indépendant et une répartition plus juste.

À Yverdon, la culture devrait être un espace ouvert, vivant, populaire, accessible. Or depuis des années, un sentiment grandit : les subventions profitent toujours aux mêmes cercles, aux mêmes réseaux, aux mêmes habitués. Une culture verrouillée, tournée vers l’entre-soi, parfois déconnectée du public réel : les habitants d’Yverdon.

Pendant que des associations et des artistes locaux se battent pour obtenir quelques francs, certaines structures bénéficient d’un soutien quasi automatique, année après année. Et trop souvent, les mêmes scénarios se répètent : des comptes dans le rouge, des déficits qui s’accumulent, puis… on recouvre, on remet au pot, on continue. Toujours pour les mêmes.

Personne ne remet en cause l’intérêt culturel de certains événements. Mais il faut avoir le courage de dire les choses. L’Amalgame affiche des déficits chroniques depuis des années. Le Castrum voit son budget déraper régulièrement. Malgré cela, les subventions continuent de tomber, sans remise en question sérieuse, sans audit indépendant, sans exigences claires, sans contrôle à la hauteur des montants engagés. Dans n’importe quel autre domaine de la ville, une telle accumulation de pertes déclencherait un débat. Dans la culture, trop souvent, on signe, on valide, on approuve.

Le problème est aussi politique. Depuis trop longtemps, la politique culturelle part du haut et oublie le terrain. On finance davantage les projets théoriques, les initiatives confidentielles, les performances pour initiés, les milieux structurés et proches du pouvoir municipal, pendant que la culture simple, familiale, locale et populaire est reléguée au second plan. Les artistes du coin, les jeunes, les clubs, les fêtes de quartier, les traditions, les événements qui rassemblent vraiment peinent à trouver leur place.

La culture ne doit pas être une tour d’ivoire. Elle ne doit pas devenir un outil de réseau ou d’idéologie. Elle doit appartenir à ceux qui la vivent : les habitants. Or la ligne menée ces dernières années sous la direction politique actuelle, notamment sous Mme Carmen Tanner, donne l’impression d’une vision orientée, élitiste, parfois coupée de l’identité de la ville. Beaucoup d’Yverdonnois ne s’y reconnaissent pas.

Les habitants veulent une culture vivante, ouverte, diversifiée, accessible, présente dans les quartiers, qui rassemble plutôt qu’elle divise. Pas une culture en vase clos, entre amis, validée par toujours les mêmes.

La culture d’Yverdon n’a pas besoin d’un petit ajustement. Elle a besoin d’un grand coup de balai. Il est temps de sortir du système fermé et de redonner la culture à ceux à qui elle appartient : les habitants de cette ville. Il est temps de nous questionner sur le financement de certaines manifestations et associations, et pourquoi pas fermer totalement le robinet.

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