20’000 tickets gratuits : aide au commerce ou vitrine électorale ?

L’initiative tombe au bon moment, portée par des municipaux en campagne. La question n’est pas le parking en soi : c’est la cohérence, la transparence… et le respect des citoyens.

Il y a quelques mois, j’ai déposé un postulat simple, concret et populaire : offrir la première heure de parking en ville. L’objectif était clair : soutenir les commerçants, redonner de l’air au centre-ville, rendre Yverdon plus accueillante.

La réponse de la Municipalité a été un mur. Un non sec, catégorique. On m’a expliqué que c’était trop cher, inutile, irresponsable. On a brandi des chiffres, parlé de millions “perdus”, répété que ce n’était “pas une priorité”. La gauche et la droite municipale ont torpillé l’idée avec enthousiasme, allant jusqu’à la caricaturer comme un cadeau injustifié aux automobilistes, presque une menace pour les finances communales.

Et puis, soudain, quelques semaines plus tard, miracle : la Ville lance 20’000 tickets de parking gratuits. Juste avant les élections. Comme par magie, ce qui était impossible devient possible. Ce qui était “déraisonnable” devient une action “utile”. Ce qui était un “cadeau” devient une initiative municipale financée par les contribuables.

Plus troublant encore, deux municipaux candidats à leur réélection se retrouvent en première ligne pour promouvoir l’opération : Christian Weiler et Brenda Tuosto. Affiches, photos, annonces, interviews, lancement soigné… L’image est terrible. Et les questions que posent les habitants sont légitimes : pourquoi refuser un geste quand il vient d’un conseiller communal, puis offrir quelque chose de similaire juste avant un vote ? Pourquoi crier au danger budgétaire hier, et applaudir aujourd’hui ? Pourquoi condamner une idée quand elle ne rapporte rien politiquement, puis s’en attribuer le mérite quand elle sert la vitrine ?

Les Yverdonnois ne sont pas naïfs. Les commerçants non plus. Quand j’ai proposé la première heure gratuite, on m’a dit que c’était impossible. Maintenant, à l’approche des urnes, la même logique devient soudain intelligente, moderne, nécessaire. Forcément, beaucoup se sentent pris pour des idiots.

Je le dis simplement : les Yverdonnois méritent du respect, pas des manœuvres. Ma proposition était pensée pour le long terme. Ce qui est fait aujourd’hui ressemble, pour beaucoup, à une opération de communication opportuniste. Je ne juge pas les intentions. Mais je constate les faits… et surtout le calendrier, qui parle de lui-même.

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